payer son psy : un acte thérapeutique
L'argent en thérapie est-il un sujet tabou ou révélateur ?
Ce sujet sensible, ambivalent, chargé de représentations inconscientes, de fantasmes, de culpabilité ou de pouvoir qui déclenche des débats passionnés, mérite un éclairage. Il est essentiel de comprendre le rôle de l'argent dans la cure.
Payer une séance de psychothérapie est un acte symbolique, un levier psychique puissant, un miroir dans la relation à soi et aux autres.
Alors détendez vous et plongeons ensemble dans les coulisses inconscientes de l'argent en thérapie.
LES ORIGINES DE LA PSYCHANALISE : QUAND FREUD INVENTE LA PAROLE QUI SOIGNE...ET QUI SE PAIE
Explorer la fonction de l'argent dans la cure nécessite tout d'abord de comprendre le cadre psychanalytique qui implique de saisir ses racines historiques et conceptuelles.
Sigmund FREUD révolutionne l'appréhension des troubles psychiques en donnant naissance à la cure analytique à la fin du 19ème siècle. Il ne s'agit plus d'agir directement sur le symptôme mais d'écouter la parole du patient, de l'aider à mettre en mots l'inconscient en suivant le fil de ses associations libres. C'est un processus où le patient parle, le psychanalyste écoute, interprète... et facture ses séances.
Freud met en avant l'importance de l'argent dans la relation analytique. L'argent ne se réduit pas à une question de prix ou de rentabilité. Il est chargé d'affect, de désir inconscient et étroitement lié à la vie pulsionnelle.
ARGENT,FECES ET STADE ANAL
La vision freudienne considère que l'argent n'est pas un simple outil d'échange. Il est chargé symboliquement. C'est le lien entre l'argent et les fécès. Entre 18 mois et 3 ans (phase anale du développement psychosexuel), l'enfant découvre le plaisir et le pouvoir de donner ou retenir ses selles. Ce contrôle sphinctérien devient alors source de gratification ou zone de tensions envers les figures parentales. Les selles représentent les premiers "cadeaux" que l'enfant peu offrir ou pas. Se joue alors une première forme de pouvoir sur l'environnement.
- donner c'est faire plaisir, obtenir de l'amour.
- retenir c'est affirmer sa volonter, résister, frustrer l'autre.
Avec le temps, ce rapport corporel, affectif et symbolique se déplace sur d'autres objets comme l'argent par exemple. Les fécès deviennent alors métaphore de l'argent et l'argent devient sustitut symbolique du contrôle, du don, de la perte, du plaisir et de la honte.
Votre rapport de l'argent parle de votre rapport à l'autre. Autrement dit, les comportements financiers d'un individu traduisent des dynamiques inconscientes hérités de cette phase anale.
- donner de l'argent peut procurer un plaisir inconscient de gratification. On cherche à plaire, à susciter de l'amour, à être "bon".
- payer pour l'autre peut cacher une quête d'approbation, une peur du rejet ou un besoin de se sentir indispensable.
- retenir l'argent peut signifier une angoisse de perte, une volonté de contrôle, un désir inconscient de punir.
Dans l'espace thérapeutique, ces dynamiques archaïques se rejouent parfois à l'insu du patient :
- oublier régulièrement de payer sa séance.
- négocier sans cesse les honoraires...
L'argent dans la cure est un révélateur psychique, un lieu de transfert, un miroir de nos conflits intérieurs entre don, perte, dépendance, amour et contrôle.
L'ARGENT COMME SIGNE D'ENGAGEMENT PROFOND
Payer sa séance est un engagement psychique. Le patient s'engage dans un processus de transformation, dans un travail de vérité souvent éprouvant.
- c'est le signe d'une motivation profonde,
- c'est le signal d'un vrai désir de changement,
- c'est prendre sa responsabilité dans le processus thérapeutique.
Payer son psy est un acte de réapropriation de soi, une façon de dire "je compte", "je mérite ce soin".
L'ARGENT COMME ELEMENT DE TRANSFERT ET DE CONTRE-TRANSFERT
Dans la cure analytique, le transfert désigne les sentiments, les désirs, les attentes et les fantasmes que le patient projette sur le thérapeute. Loin d'être une simple détail de logistique, l'argent devient un objet de transfert à part entière.
Certains patients voient le paiement comme une forme de soumission à une autorité parentale alors que d'autres peuvent avoir le fantasmen de "payer l'amour reçu" ou alors redoutent que l'analyste "soit gentil parce qu'il est payé" et non par authenticité.
Du côté du thérapeute, le contre-transfert est la manière dont celui-ci réagit inconsciemment aux projections du patient. Un thérapeut peut culabiliser à faire payer un patient en souffrance et baisse ses tarifs sans cadre clair. Un autre peut ressentir de l'agacement envers un patient toujours en retard dans ses paiements.
Ses sentiments peuvent influencer la neutralité du thérapeute. Ils doivent être reconnus, pensés, analysés pour être régulés.
En thérapie, tout ce qui touche à l'argent devient le miroir de nos désirs inconscients et nous renseigne sur le rapport du sujet à la dette et au manque, son estime de soi, sa peur de dépendre ou son besoin d'acheter l'autre, ses fantasmes de punitin ou de réparation.
PAYER SES SEANCES : UNE FONCTION PSYCHIQUE ET ETHIQUE FONDAMENTALE
Le paiement des séances permet de définir un cadre. Le psychologue n'est pas là pour aimer, désirer ou prendre soin au sens maternel du terme. Il est payé pour écouter, contenir et interpréter.
Le règlement crée une frontière protectrice. Cela structure la relation et protège l'espace analytique des dérives émotionnelles ou affectives.
Le thérapeute n'est ni un ami, ni un parent, ni un sauveur. Il est un professionnel du psychisme.
Le cadre se définit par :
- la régularité des séances;
- les condition de report ou d'annulation ;
- le tarif
Ce cadre se veut d'être maintenu avec rigueur. C'est la solidité du cadre qui va permettre au patient de laisser aller sa pensée, de se confronter à ses conflits internes et de travailler sur ses résistances.
Assurmer ce cadre, c'est créer les conditions de la liberté intérieure.
INVESTIR DANS UNE THERAPIE? EST CE QUE CA VAUT VRAIMENT LA PEINE ?
- c'est gagner en liberté intérieure ;
- c'est se libérer des répétition douloureuses ;
- c'est devenir acteur de sa vie ;
- c'est regagner l'estime de soi ;
- c'est se donner de la valeur ;
- c'est vivre mieux, plus en accord avec soi-même.
La thérapie est un voyage dont vous reviendrez différent, plus jamais pareil.
C'est un investissement sur votre avenir.
C'est faire le choix de prendre soin de votre santé mentale, de votre droit à une vie plus libre.
La thérapie de promet pas un bonheur instantanné. Elle offre un espace unique où il est enfin possible de vous rencontrer sans être jugé.
Plutôt que de vous demander si la thérapie vaut son prix, demandez-vous plutôt "ai-je le droit d'aller vraiment bien ?"
Votre santé mentale, votre paix intérieure, votre capacité à aimer, à créer, à choisir, à respirer librement n'ont pas de prix mais une valeur inestimable.